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Publié par Julio Von Gepetto

Hier après midi, il fait chaud, je transpire en montant la colline. A la recherche d’éventuelles traces de singes ou d’autres animaux, je repère un couloir entre 2 parois rocheuses qui me semble pouvoir déboucher derrière des éboulis que j’essaye désespérément de contourner.
J’y progresse en m’aidant de mes mains appuyées aux murs en m’assurant qu’il n’y ait pas de serpent à l’endroit où je m’appuie. J’arrive au bout du couloir et prend une photo.


Je continue et je tombe sur un arbrisseau qui me bouche partiellement le passage. Je passe au travers puis tombe sur un cul de sac. Je repasse l’arbrisseau en sens inverse puis commence ma descente pour sortir de cette cheminée, et là paf!, à une demi-douzaine de mètres, il est là et me regarde sans aucune marque inquiétude ou de nervosité. Par contre, contrairement à lui, je suis un peu nerveux. Je suis coincé dans ce couloir.
Déjà, une chose est sure, ce n’est ni un mamba, ni un cobra , ni une vipère heurtante. Ce sont les plus venimeux et ceux-là, il leur arrive d’attaquer. Je sors mon petit Kodak histoire d’immortaliser la scène. Pas besoin de zoomer, il est assez près.

Bon! Vu qu’il est sur une paroi et que le passage ne fait pas un mètre de large, je vais forcément passer très près de lui en descendant. En ça sera ma tête qui sera à proximité.
La solution est d’attendre qu’il s’en aille. Il s’étire, me regarde, fait le beau ou la belle, c’est peut être une femelle après tout! . Pendant ce temps, j’ai les joyeuses qui font des castagnettes en remontant dans leur logement idoine (c’est joli ‘idoine’ comme mot et ça sonne bien avec ‘joyeuses’), les sphincters qui jouent du bandonéon armoricain et le goût métallique dans la bouche, ce n’est pas bon. C’est signe que les réflexes sont en train de prendre le dessus sur l’intelligence. Mais pour l’instant je maîtrise.
Je me rappelle la chanson des scouts : ‘Au revoir camarade que le Seigneur te protège sur la route où veillera ton Ange’.
Il est où ce con, je l’ai pas pas encore vu aujourd’hui. C’est comme ça avec les Anges, ils ne sont jamais là quand on a besoin d’eux. En plus, bientôt c’est la Toussaint, il est sûrement parti faire la fête au cimetière du père Lachaise sur la tombe de Jim Morrison avec des copains et des copines...Pour la bagatelle, je ne me fais pas trop de mouron car, c’est bien connu, les Anges n’ont pas de sexe mais ils ont un orifice buccale et peuvent picoler.
Alors eux, c’est marrant, quand ils se déchirent, c’est avec des Yaourts, des petits Suisses, du lait et surtout, surtout, des tartinettes ‘La Vache qui Rit’. Ca leur fait le même effet que le lambig aux Bretons. C’est dévastateur.
C’est pour cela que jamais, aussi bien dans la Bible que dans le Coran, vous ne lirez que les produits à base de lait sont interdits et encore moins la Vache qui Rit. Pas cons les mecs qui ont écrit ces bouquins, de vrais visionnaires.
Enfin, quand on voit la tronche de la Vache qui Rit sur la boite, on se demande si elle ne s’est pas roulée un tarpet avec du bon chocolat de Chefchaouen avant de faire son casting, c’est pas vendeur une tête d’ahuri pareille, même pour des tartinettes qui se vendent dans la brousse. Imaginez une boite de capotes avec soeur Thérésa en string et affublée d’oreilles de lapin représentée dessus, personne n’achèterait, ça va de soi, même pas dans une maison de retraite. Allons!

Non, mais, vous avez vu cette tête d'abruti. Franchement!

Parfois, l’Ange se met tellement minable qu’il s’emmêle dans ses ailes et qu’il n’arrive même plus à décoller. Une fois, c’est même Belzébuth qui l’a ramené au paradis. Cette fois ci, St Pierre lui a collé un blâme. C’est compréhensible!
C’est sur, il va faire le pont et ferra la teuf jusqu’à lundi, il viendra pas. Je dois me démerder tout seul.

C'est lui et moi quand j'étais petit. Maintenant il fait 40 kg de plus, il est couperosé, a un pif comme une fraise et il lui manque des plumes à l'aile droite. Qu'est ce que vous voulez que je fasses avec ça ?

Je n’ai même pas amené avec moi mon petit drapeau porte bonheur, le même que celui qui protégeait les poilus de 14-18 contre les pruneaux et les shrapnels des Boches. Juste pour vous faire remarquer que ce porte bonheur, c’est pas de la patte de lapin ou du fer à cheval, c’est du sérieux.


On se moque des Africains avec leurs fétiches et leurs gri-gris, mais nous on est quand même un peu pareil devant la mort, faut bien l’avouer si on veut être honnête.

Je cause, je cause et mon serpent il est toujours là en train de se marrer et de se foutre de ma tronche. J’ai les valseuses toujours au bon endroit, bien au chaud sous les poumons, mes sphincters jouent un remake de ‘Petite fleur’ de Sidney Bechet et je maîtrise toujours la situation. Et là, comme dans les films, je repasse ma vie au ralenti. C’est marrant, les hommes et les femmes on n’est pas pareil...
Ah! Oui, c’est vrai!
Les femmes, je ne sais pas à quoi elles pensent dans ces moments là, sûrement à leurs enfants, à leur famille mais nous les hommes, on passe en revue les filles qu’on a connues. Je me rappelle ma petite copine de St Avé qui venait me voir à Rennes tous les week-ends et puis l’Allemande de Guben avec sa minijupe qui avait du mal à cacher la salle des fêtes, mon amie de Résistencia en Argentine qui tenait son hamburguesa et la Gabonaise de Lambaréné... Rien de grave, ne vous inquiétez pas c’est hormonal disent les spécialistes.
J’en étais à la dixième quand je me suis aperçu que le reptile me regardait toujours avec son sourire en coin en remuant la tête. Vous n’avez jamais vu un reptile ricaner en dodelinant du chef, ben ça fait peur, on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon, (du couscous ou du mouton pour les Musulmans). Ces bestioles, on ne peut pas savoir ce que ça pense. C’est énigmatique.
Et puis il a commencé à bouger tout doucement, en descendant. Il était long comme un jour sans pain, pas épais mais long,long,.. tout marron avec des taches noires dans le dos. «Un sacré nom de diou d’fi d’garce»: aurait dit mon grand père en l'alignant avec son Simplex calibre 12. Enfin, ce n'est pas avec mon zoom Tamron 150-600 que j'allais lui faire grand mal à
Nahash (Nahash c'est le nom du serpent qui tend la pomme à Eve dans la bible ).

Alors là j’ai une idée géniale. Je vais lui faire un croche-patte, il va se foutre la tronche en vrac et pendant qu’il sera en bas en train de compter ses côtes et ses vertèbres, je vais en profiter pour sauter par dessus et me recevoir sur la dalle en contre bas. Quand je vous dis que je maîtrisais la situation, vous ne me croyiez pas. Et bien vous voyez, il ne faut jamais désespérer.
Et là, ni une, ni deux, j’avise un vieille branche sèche par terre, l’attrape et lui balance dans les guibolles, enfin façon de dire. Il se casse la gueule comme prévu et dans la foulée, comme une petite rate de l’opéra lors de Casse Noisette, je bondis et me rétablis sur la dalle.
Pour les incultes, Casse Noisette est un ballet-féérie de Piotr Ilitch Tchaïkovski et non un film porno gore avec Gaby Morlay.
Je n’ai pas pris de photo de mon entrechat mais je pense que ça devait être très réussi. Je suis un peu déçu car je m’aperçois que ma vie vient de passer à côté d’une grande carrière de danseur étoile comme Maurice Béjart avec ses petites ballerines et ses collants délicats au lieu de mes croquenots à bouts ferrés et mes futals de métallo.
Je me retourne, le reptile a disparu dans les pierres.
Et je repars dans un autre coin. Chemin faisant, je réfléchis. Vu la façon dont il bougeait, c’est à dire mollement, le gaillard ne s’est point positionné dans les 5 minutes pendant lesquelles j’ai fait mon aller-retour dans le couloir. Donc, il devait déjà y être.
Lorsque j’ai progressé à l’aller, vu la forme de l’aplomb où il était je ne pouvais pas le voir. Sauf si je me retournais. Ca veut dire que ma tête a dû passer à 30 cm de la sienne et que si il avait voulu me faire une bise, il me l’aurait faite sans problème. D’où son comportement placide lorsque je l’ai vu car il ne devait pas m’avoir identifié comme un prédateur et donc ne voyait pas l’intérêt de se barrer en courant ou de m’attaquer. Il a peut être été déçu que je lui balance cette branche. Il aurait peut être aimé être mon ami ...dans une autre vie.

Finalement on est peu de chose, tout bien réfléchi. L’homme c’est un grain de sable dans l’univers, une espèce prédatrice, invasive et destructrice fruit d’une évolution aléatoire et inventeur d’un concept erroné qu’il appelle ‘Dieu’ et grâce au nom duquel il se permet de tout saccager et de faire disparaître les autres êtres vivants qui eux aussi ont été créées par un Dieu, celui-ci, bien réel et heureusement différent.

Maintenant, je n’ai pas réussi à identifier le bestiau dans mes documents. Etait il venimeux? Je n’en sais rien.

Bon cet aprèm, je vais faire un tour au coin des oiseaux, j'y ai déjà vu un cobra, il y a 2 ans. Là, c'était encore plus intense mais je n'ai pas eu le temps de sortir mon Canon et je n'avais pas à l'époque mon petit Kodak bien pratique dans ces situations délicates.

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